Faire un bilan de compétences à un coût. Heureusement, quel que soit votre statut, salarié, indépendant ou en recherche d’emploi, il existe plusieurs dispositifs qui vous permettent de le financer en totalité ou en grande partie. Voici tout ce qu’il faut savoir pour optimiser la prise en charge d’un bilan de compétences.

Combien coûte un bilan de compétences ?

Si le contenu et le déroulement du bilan de compétences sont encadrés par la loi, le législateur a choisi de ne pas fixer de règles pour son prix. Le coût d’un bilan de compétences peut ainsi varier du simple au triple, de 1 000 à 3 000 €, avec une valeur moyenne aux environs de 1 700 euros. Ce prix est bien sûr variable d’un organisme agréé à l’autre mais aussi en fonction d’autres critères, comme la région dans laquelle vous vous situez ou encore votre profil professionnel. Le prix du bilan de compétences est par exemple plus élevé en région parisienne ou si vous avez le statut cadre. Ce coût ne doit cependant pas être un frein. Il est en effet rare qu’une personne décidant de suivre un bilan de compétences ait à s’acquitter de la totalité de la facture. Sachez qu’il existe différents dispositifs d’aides financières qui permettent de prendre en charge tout ou partie du coût de ce bilan.  Certains organismes financeurs plafonnent en effet les aides allouées pour faire un bilan de compétences. Il est donc possible que, même si vous bénéficiez d’aides financières, une partie de son coût reste à votre charge. Il est par conséquent important de comparer les différentes possibilités de financement à votre disposition pour trouver la solution la plus avantageuse pour vous. De plus, vous ne pourrez pas prétendre à tous les dispositifs de financement d’un bilan.  La prise en charge du prix du bilan de compétences est en effet soumise à certaines conditions qui varient selon l’organisme financeur, comme le choix d’un prestataire formateur agréé, l’ancienneté dans votre société si vous êtes salarié, l’adéquation entre votre projet professionnel et votre situation actuelle si vous êtes chômeur, etc. Mais vous découvrirez qu’en prenant le temps de vous renseigner, il est tout à fait possible d’effectuer son bilan de compétences à moindre coût voire gratuitement.

Faire un bilan de compétences avec le FONGECIF

Si vous êtes salarié, le bilan de compétences peut être financé par le FONGECIF, à condition que votre employeur cotise à cet organisme paritaire.  Pour le savoir, il suffit de poser la question au FONGECIF de votre région. Les FONGECIF sont des Opacif (ou Organisme Paritaire au titre du Congé Individuel de Formation) financés par les entreprises et en charge de l’accompagnement des salariés et du financement de leurs projets professionnels. L’intérêt de faire appel au FONGECIF pour un salarié est qu’il n’a pas obligation d’avertir son employeur pour faire un bilan de compétences, à condition que ce dernier se fasse en dehors de son temps de travail. La prise en charge du bilan de compétences par le FONGECIF se fait de deux façons. Si vous faites ce bilan sur votre temps de travail avec un financement du FONGECIF, ce dernier rembourse tout d’abord à votre employeur tout ou partie de votre salaire dans la limite de 24h mobilisés. Deuxième axe de financement, le FONGECIF prend en charge tout ou partie du coût du bilan facturé par l’organisme agréé, que le bilan se fasse pendant ou en dehors du temps de travail. Les montants pris en charge par le FONGECIF sont plafonnés régionalement. Chaque FONGECIF adapte en effet sa politique de financement des bilans de compétences aux caractéristiques socio-économiques spécifiques à chaque région. Vous devez donc vous adresser à votre FONGECIF pour connaître le montant maximum possible pour une prise en charge de votre bilan de compétences. De même, le FONGECIF peut estimer que certains salariés doivent bénéficier en priorité de ce dispositif, s’ils travaillent dans un secteur d’activité sinistré par exemple. Pour prétendre à un financement par le FONGECIF, vous devez également passer par un centre de formation agréé. Pour obtenir un financement du FONGECIF, il vous faut donc tout d’abord choisir un centre de bilan de compétences dans la liste fournie par cet organisme. Dans un second temps, vous aurez à remplir avec le prestataire choisi une demande de prise en charge financière qui sera adressée au FONGECIF. Si le bilan de compétences est réalisé pendant le temps de travail, il sera également nécessaire de demander à votre employeur de vous remplir une autorisation d’absence indiquant sur quels horaires et à quelles dates se fait le bilan de compétences. Enfin, une convention tripartite sera signée entre vous, votre employeur et le centre de bilan de compétences afin que vous puissiez le démarrer. Dernier conseil, les délais peuvent être longs entre le dépôt de la demande de prise en charge, la réponse du FONGECIF et le début du bilan de compétences. Il est donc conseillé de ne pas s’y prendre au dernier moment. En général, il faut compter au moins un mois entre la demande de prise en charge financière par le FONGECIF et le démarrage du bilan de compétences. Il est enfin conseillé de ne pas hésiter à contacter le FONGECIF dont vous dépendez pour en savoir plus sur vos droits et connaître en détail les démarches à effectuer pour être accompagné.

Utiliser le CPF pour faire un bilan de compétences

Le financement du bilan de compétences par le CPF est possible depuis le 1er janvier 2017. Auparavant abondé à hauteur de 24h de formation maximum par an, le CPF (Compte Personnel Formation) est depuis le premier janvier 2019 alimenté à hauteur de 500 € par année de travail pour tout salarié et tout travailleur indépendant qui exercent une activité professionnelle au moins à mi-temps. L’employeur peut également compléter les sommes versées sur le compte formation. Le CPF est en outre plafonné à 5000 €. Tout titulaire d’un CPF peut s’en servir afin de financer un bilan de compétences, qu’il soit salarié ou non. Le montant cumulé dans le cadre de votre CPF n’ayant pas de limite de validité, il est par exemple tout à fait possible de s’en servir pour financer un bilan de compétences après un licenciement ou pendant une période de chômage. Le dispositif est également très souple d’utilisation pour un salarié. Il permet en effet de faire un bilan de compétences hors temps de travail sans en avertir son employeur.

L’utilisation des heures de CPF est du ressort du salarié qui gère son compte personnel sur le site moncompteformation.gouv.fr. Sur ce site Internet, vous pouvez sélectionner un prestataire pour faire un bilan de compétences ainsi que faire une demande de prise en charge financière auprès de l’OPCA dont vous dépendez. C’est l’OPCA qui validera la demande de prise en charge de votre bilan et débloquera les fonds nécessaires. Il est conseillé de s’y prendre à l’avance pour tenir compte des délais d’instruction des demandes. De plus, si vous souhaitez faire un bilan de compétences pendant votre temps de travail, il est nécessaire de demander l’autorisation à votre employeur 60 jours calendaires avant le démarrage du bilan. L’employeur a alors 30 jours calendaires pour accepter ou refuser votre demande. Si vous n’avez pas eu de réponse dans les délais impartis, votre demande est considérée comme acceptée par votre employeur.

Utiliser le DIF pour faire un bilan de compétences

Même si le DIF a été remplacé par le CPF au 1er janvier 2015, il est toujours possible de l’utiliser pour financer une formation ou un bilan de compétences. En pratique, les heures de DIF non utilisées au 31 décembre 2014 doivent être déclarées sur son compte personnel formation par tout bénéficiaire. Votre employeur doit d’ailleurs vous fournir une attestation indiquant le nombre d’heures à reporter. A défaut de ce document, votre bulletin de salaire de décembre 2014 doit mentionner les heures de DIF à reporter. L’utilisation du DIF pour un bilan de compétences suit les mêmes règles que l’utilisation du CPF. Il vous faut néanmoins savoir que les heures de DIF ont une validité limitée, contrairement au CPF. Vous avez ainsi jusqu’au 31 décembre 2020 pour vous servir de votre solde de DIF. Si vous faites une demande de financement pour un bilan sur le site  moncompteformation.gouv.fr, les heures de DIF dont vous disposez seront utilisées en priorité pour financer votre bilan de compétences. Si besoin, le financement du bilan peut être complété par l’utilisation d’heures de CPF.

Ayez également en tête que si le DIF et le CPF ne sont pas suffisants pour couvrir le coût du bilan de compétences, il est possible d’avoir recours à d’autres financements, comme la participation de votre employeur ou de l’OPCA dont vous dépendez. L’OPCA (Organisme Paritaire Collecteur Agréé) est l’organisme qui se charge de la collecte de l’ensemble des fonds destinés à la formation des salariés auprès des entreprises afin de les redistribuer. Une OPCA peut intervenir dans le cadre du financement d’un bilan de compétences en prenant en charge les frais pédagogiques ou annexes. Pour trouver l’OPCA dont vous dépendez, vous pouvez vous adresser à la DRH de votre entreprise ou encore faire une recherche sur internet à partir du code NAF ou du code APE présent sur votre bulletin de salaires. Vous avez également la possibilité de contacter directement votre OPCA pour connaître vos droits et les démarches à effectuer pour obtenir le financement de votre bilan de compétences.

Faire un bilan de compétences avec Pôle Emploi

C’est souvent quand on est à la recherche d’un emploi que l’on s’interroge sur ses compétences et sur ses aspirations professionnelles. Faire un bilan de compétences peut alors s’avérer être d’une aide précieuse pour retrouver le chemin du travail. Pôle Emploi peut vous accompagner dans vos démarches voire financer votre bilan.  Si vous souhaitez faire un bilan de compétences avec Pôle Emploi, celui-ci vous proposera dans un premier temps l’un des dispositifs alternatifs qu’il a mis en place. L’appel à un accompagnement extérieur ne se fait en effet que dans un second temps si cela se révèle indispensable. Pôle Emploi propose ainsi plusieurs dispositifs d’accompagnement des chômeurs. Si vous souhaitez faire une reconversion professionnelle, les agents de Pôle Emploi peuvent par exemple vous proposer une évaluation des compétences et des connaissances (ECCP)  afin de vous aider à identifier vos compétences correspondant à des métiers ou à des offres d’emploi à pourvoir. Vous avez également la possibilité de demander à votre conseiller Pôle Emploi de vous prescrire un bilan de compétences approfondi ou BCA. Dans le cadre de ce bilan, destiné aux personnes en recherche d’emploi voulant se réorienter ou valider un projet de retour à l’emploi, vous serez accompagné par Pôle Emploi mais aussi par des organismes de formation ou spécialisés dans les bilans de compétences. Enfin, votre conseiller peut vous orienter vers un bilan de compétences effectué par un prestataire externe à l’organisme. En général, Pôle Emploi finance en totalité le bilan de compétences que vous effectuez. Un chômeur peut également demander la prise en charge totale ou partielle des frais pédagogiques de son bilan de compétences en recevant une aide individuelle à la formation (AIF). Enfin, un chômeur qui suit un bilan de compétences grâce à Pôle Emploi conserve les allocations d’aides au retour à l’emploi.

L’APEC et les bilans de compétences

L’ APEC (Association pour l’emploi des cadres) est un organisme paritaire financé par les entreprises et les cadres chargé de l’accompagnement professionnel de ces derniers. L’APEC ne prend pas en charge le financement des bilans de compétences. L’organisme peut néanmoins aider les cadres qui en font la demande à définir leurs besoins en matière de bilan et à sélectionner la structure à même de les accompagner.

L’expertise de l’APEC pour le conseil et l’accompagnement des cadres est depuis longtemps reconnue. L’organisme fait ainsi souvent partie des centres de bilan de compétences agréés par les différentes structures de financement. Il est donc tout à fait possible de suivre un bilan de compétences accompagné par un consultant de l’APEC en ayant recours aux financements classiques comme le CPF ou le FONGECIF.

Un bilan de formation grâce au plan de développement des compétences

Depuis le 1er janvier dernier, le plan de formation en entreprise a disparu pour laisser la place au plan de développement des compétences. Ce dernier permet aux entreprises de proposer des formations à leurs salariés. Votre employeur, dans le cadre d’un plan de développement des compétences, peut ainsi vous proposer de suivre un bilan de compétences en faisant appel à un centre de formation extérieur à l’entreprise. Vous demeurez libre d’accepter ou de refuser la proposition de votre employeur. Si ce dernier vous propose un bilan, il vous fait parvenir au moins 10 jours avant son démarrage une convention tripartite entre vous, l’entreprise et le prestataire choisi. Vous avez alors 10 jours pour signer ce document.  Ne pas donner suite à cette convention équivaut à un refus de suivre le bilan proposé, un refus qui ne peut être sanctionné. Un bilan de compétences entrant dans un plan de développement des compétences est entièrement pris en charge par l’employeur. Si le bilan est effectué pendant vos heures de travail, vous garderez de plus votre rémunération. Un bilan de compétences proposé par une entreprise dans le cadre d’un plan formation est donc particulièrement avantageux pour les salariés, même si vous ne choisissez pas l’organisme qui vous accompagne. Vous n’avez en effet alors pas besoin de vous préoccuper de l’organisation et du financement du bilan. Votre employeur vous rémunère, se charge du financement de l’intégralité du bilan de compétences et de la demande de remboursement des fonds engagés auprès de l’organisme collecteur où il cotise. Dernier point à savoir, les conclusions du bilan de compétences restent confidentielles et ne sont en aucun cas transmises à l’employeur.

Faire un bilan de compétences sur Internet

Si vous faites des recherches sur le web, vous trouverez une multitude de sites permettant de faire des bilans de compétences en ligne, bien souvent gratuitement. Ces bilans se font au travers de tests de personnalité en ligne, sans accompagnement avec un consultant. Même s’ils sont d’un premier abord très alléchant, ils sont très loin d’être aussi efficaces qu’un bilan de compétence accompagné par un vrai professionnel. Un bilan gratuit en ligne peut tout au plus vous servir de base de réflexion avant que de faire un vrai bilan de compétences. Vous vous rendrez vite compte qu’un bilan en ligne reste superficiel et surtout, qu’il ne vous permet pas de trouver des réponses concrètes à toutes vos interrogations professionnelles. Autre défaut des bilans de compétences gratuits en ligne, ils ne vous permettent pas de bénéficier d’un accompagnement efficace pour vous guider tout au long du processus de réflexion nécessaire pour trouver des solutions à vos problématiques professionnelles. Un vrai bilan de compétences est en effet une réflexion qui s’inscrit dans le temps et part de vos formations, de votre carrière et de vos aptitudes pour vous projeter vers un avenir professionnel qui vous convient. On est donc loin des bilans en ligne qui ne vous donnent qu’un aperçu de votre potentiel et, surtout, ne vous fournissent pas les clés pour bâtir votre futur. Il ne faut pas non plus oublier qu’un bilan de compétences accompagné par des professionnels, même s’il semble onéreux au premier abord, peut être financé en grande partie ou en totalité. Il ne sera donc pas beaucoup plus cher qu’un bilan en ligne gratuit tout en étant bien plus porteur. Il est vrai qu’obtenir des fonds pour suivre un bilan de compétences nécessite de prendre le temps de se renseigner et de faire des demandes de financements mais le jeu en vaut largement la chandelle !

Comment choisir le bon financement pour son bilan de compétences ?

Il n’y a pas de mode de financement du bilan de compétences qui soit meilleur que les autres. Le financement optimal pour faire ce bilan dépend à la fois de votre passé professionnel, de votre statut (cadre ou non, en poste de salarié ou chômeur), de l’OPCA à laquelle cotise votre employeur, de vos attentes, etc. Il existe de plus des différences entre les secteurs d’activités ou entre les différentes régions économiques française en matière d’accès et de financement de la formation professionnelle. Il est donc essentiel de faire le tour des organismes susceptibles de vous aider à financer un bilan de compétences avant de vous décider. Quel que soit le financement envisagé, il ne faut pas hésiter à téléphoner ou à aller à la rencontre des organismes qui peuvent vous aider dans vos démarches. Vous y trouverez des interlocuteurs à même de vous conseiller sur les meilleures solutions à adopter en fonction de votre situation professionnelle actuelle.

La recherche de la meilleure prise en charge possible pour un bilan de compétences mérite réflexion, tout comme la quête du prestataire le plus à même de vous accompagner ou l’organisation des séances du bilan pour l’intégrer à votre emploi du temps. Vous devez également faire en sorte d’inscrire cette étape nécessaire à votre carrière dans votre cheminement professionnel. Le financement d’un bilan de compétences dépend en effet aussi des objectifs que vous lui assignez. Le choix de sa prise en charge dépend par exemple des perspectives professionnelles que vous envisagez à l’issue du bilan de compétences. Certains d’entre vous préféreront par exemple réserver les fonds CPF aux formations qui leurs seront nécessaires pour une réorientation professionnelle. N’oubliez pas non plus qu’il est possible de faire appel à plusieurs sources de financements pour faire un bilan de compétences. En cas d’insuffisance des fonds disponibles sur votre CPF, vous pouvez par exemple faire une demande à l’OPCA dont vous dépendez ou encore à votre employeur. Enfin, bénéficier d’un bilan de compétences totalement pris en charge ne doit pas être votre objectif principal.  Mieux vaut en effet suivre un bilan de compétences qui vous est profitable, même si vous devez le financer en partie, qu’un bilan gratuit mais qui vous apporte peu.