Effectuer un bilan de compétences est un droit ouvert à tous, salariés ou demandeur d’emploi. Il peut être utile à tout moment de votre carrière, que vous entriez dans la vie active ou que vous ayez plusieurs années d’expériences professionnelle. Il y a néanmoins des périodes clés dans une vie professionnelle où le bilan de compétences peut être un véritable catalyseur. En voici quelques exemples.

Qui peut faire un bilan de compétences ?

Demandeur d’emploi, salarié du secteur privé ou public, intérimaire, travailleur indépendant, jeune diplômé ou consultant senior… Faire un bilan de compétences est ouvert à tous et peut être utile à tout moment dans sa carrière professionnelle. Les personnes qui s’engagent dans cette démarche cherchent des réponses aux questions qu’elles se posent sur leurs perspectives professionnelles. Cela peut être des interrogations sur l’évolution de son poste de travail au sein de l’entreprise, sur la recherche d’un emploi correspondant à ses aspirations et ses compétences, sur un projet de reconversion professionnelle ou de création d’entreprise… Le seul frein rencontré est souvent d’ordre financier. Il y a en effet des conditions à remplir pour obtenir la prise en charge d’un bilan de compétences. Pour un salarié en CDI souhaitant une prise en charge par le Fongécif, il faut ainsi avoir travaillé 5 ans dont 12 mois dans votre entreprise actuelle. Si vous êtes en CDD, il est nécessaire d’avoir travaillé 24 mois comme salarié pendant les 5 dernières années dont 4 mois au cours des 12 derniers mois. Les intérimaires quant à eux doivent avoir exercer 5 ans en tant que salarié ou 3 ans dans le secteur de l’intérim. Avoir eu une activité de salarié ou de travailleur indépendant vous permet également d’abonder votre CPF pour suivre des formations dans le cadre de la formation professionnelle continue. Vous pouvez mobiliser les heures présentes sur votre compte formation pour financer un bilan de compétences, que vous soyez en poste, à votre dompte ou demandeur d’emploi. Enfin, dans certains cas, Pôle Emploi peut prendre en charge le financement du bilan de compétences. Au vu des multiples possibilités de financement du bilan de compétences, il serait dommage de se priver de cet outil qui peut réellement être bénéfique à votre carrière professionnelle.

Faire un bilan de compétences quand on est travailleur handicapé

Vous avez des gros problèmes de santé ou un handicap ? Un bilan de compétences peut s’avérer très utile pour une insertion réussie dans la vie professionnelle, ne pas risquer de devenir inapte au travail ou favoriser le maintien à son poste actuel. Il n’y a pas de bilan de compétences particulier pour les travailleurs handicapés. Si le déroulement du bilan demeure identique quel que soit votre profil, il est néanmoins important de choisir un prestataire qui sera à même de vous accompagner pour prendre en compte vos spécificités. L’objectif du consultant qui vous accompagne est de vous aider à construire un projet professionnel réaliste en fonction de votre handicap et du marché du travail. Cet accompagnement peut poursuivre des objectifs variés. Il peut par exemple prendre la forme d’une aide pour envisager une reconversion professionnelle adaptée à votre situation. Un bilan de compétences peut également avoir pour objectifs la mise en place des adaptations horaires ou de poste de travail nécessaires pour que vous puissiez continuer à exercer votre activité professionnelle en totalité ou en partie. La première étape du bilan de compétences doit vous aider à identifier avec objectivité les difficultés liées à votre handicap ou à vos problèmes de santé et leur impact sur votre poste de travail actuel ou sur le métier que vous envisagez.  Mais il doit aussi vous permettre de prendre conscience de vos capacités et de vos atouts ! Les difficultés liées à des problèmes de santé ou à un handicap se traduisent en effet souvent par une perte de confiance en soi. Une fois cette première étape franchie, il vous faudra confronter vos capacités à la réalité de l’activité professionnelle que vous exercez ou souhaitez exercer. Dans le cadre du bilan de compétences, vous serez donc amené à rencontrer des professionnels ayant les mêmes difficultés que vous et exerçant le métier qui vous intéresse. Ces rencontres vous donneront une idée concrète des difficultés rencontrées et de la manière d’y remédier. Sachez enfin que le bilan de compétences vous permettra d’entrer en relation avec des associations ou des organismes spécialisés dans le handicap susceptible de vous aider pour votre carrière.

Il existe des centres de bilan de compétences agréés qui se sont spécialisés dans l’accompagnement des travailleurs handicapées ou ayant des problèmes de santé nécessitant une réorientation professionnelle. Passer par une structure plus généraliste pour faire un bilan de compétences est également tout à fait envisageable et peut constituer une démarche très fructueuse. Certains organismes agréés pour faire des bilans de compétences restent ainsi généralistes mais choisissent de travailler avec des associations spécialisées dans le handicap pour vous fournir un accompagnement de qualité.

Enfin, pour la prise en charge de votre bilan de compétences, vous pouvez faire appel aux financements classiques (Fongécif, CPF) ouverts à tous les salariés mais aussi solliciter des aides spécifiques via l’AGEFIPH (Association de Gestion des Fonds pour l’Insertion Professionnelle des Personnes Handicapées).

Faire un bilan de compétences quand on est jeune diplômé

Quand on est jeune diplômé ou jeune salarié, on pense rarement à faire un bilan de compétences. Pourtant, il n’est pas rare qu’un jeune se retrouve confronté à des difficultés d’insertion dans le monde du travail ou se rende compte que le métier qui le faisait rêver quand il était étudiant n’est finalement pas fait pour lui. La principale difficulté d’un jeune diplômé voulant faire un bilan de compétences est financière. Il n’a en général pas suffisamment travaillé en tant que salarié pour avoir accès aux financements tels que le CPF et le Fongécif. Il doit donc, s’il est inscrit en tant que demandeur d’emploi, demander une prise en charge par Pôle Emploi. Il a également la possibilité de s’auto-financer son bilan de compétences. Il y a donc très peu de jeunes diplômés ou de jeunes salariés à suivre un bilan de compétences, et c’est bien dommage ! La structure et le contenu de ce bilan en font en effet un outil très efficace pour démarrer sa vie professionnelle.

Pour savoir vendre ses capacités professionnelles auprès d’un employeur potentiel, il est en effet indispensable d’en avoir conscience. La première étape du bilan de compétences est conçue pour vous donner une idée précise de vos points forts et de vos points faibles. Le consultant qui vous accompagne dispose pour cela de tests de personnalité mais va aussi vous aider à décrypter votre parcours professionnel passé. Même quand on est jeune diplômé, on a en effet effectué des stages en entreprise ou des actions en tant que bénévole. Cette étape vous permet de vous questionner et de prendre du recul sur vos choix d’études et de stage, une démarche que peu de gens font. C’est aussi à cette occasion qu’un jeune diplômé est souvent amené à prendre conscience que le travail qu’il a effectué étant étudiant n’est pas sans intérêt et peut très bien être valorisé auprès d’une entreprise qui recrute.

Le second écueil auquel on est confronté quand on est étudiant est d’avoir une vision juste des métiers auxquels on peut prétendre. La seconde phase d’un bilan de compétences peut ainsi aider un jeune diplômé à mettre en adéquation ses envies, ses compétences et la réalité du marché du travail. A un jeune diplômé qui ne sait pas vers quel secteur d’activité s’orienter, le consultant en bilan de compétences proposera d’enquêter sur les secteurs professionnels qui correspondent le mieux à sa personnalité. Un jeune qui n’arrive pas à décrocher le poste auquel il aspire, en faisant des recherches sur le secteur d’activité visé, identifiera plus facilement les manques qu’il a à combler pour être plus efficace dans sa recherche d’emploi.

Le bilan de compétences est donc un outil qui facilite l’entrée dans la vie active des jeunes diplômés. Il leur permet d’être plus conscients de leurs capacités professionnelles. Ils auront donc moins de difficultés à mettre en avant leur savoir-faire auprès des entreprises ou à trouver les ressources qui leur manquent pour développer leur employabilité.

Faire un bilan de compétences quand on est porteur de projet

Il y a un dernier cas de figure où le bilan de compétences peut se révéler être un outil particulièrement intéressant, c’est quand lorsque l’on a décidé de se mettre à son compte, que cela soit dans son domaine d’activité actuel ou pour se lancer dans une aventure professionnelle entièrement nouvelle. Passer du statut de salarié à celui de travailleur indépendant ne se fait en effet pas sans encombre. Être à son compte ce n’est pas uniquement exercer son cœur de métier. Un travailleur indépendant doit tour à tour être comptable, commercial voire employeur si son entreprise se développe et qu’il est amené à recruter des salariés. Être indépendant fait autant appel à un savoir-faire qu’à un savoir-être. Les tests de personnalité que vous passerez dans le cadre d’un bilan de compétences peuvent vous aider à y voir plus clair sur les motivations qui vous poussent à vous mettre à son compte ainsi que sur vos atouts pour y arriver. En analysant votre parcours professionnel passé, vous aurez également une vision plus juste de vos points forts et de des compétences que vous aurez à acquérir ou à améliorer. En effet, même si votre projet est en rupture avec votre histoire professionnelle, il est tout de même rare que les compétences acquises auparavant ne vous soient pas utiles dans le cadre d’un nouveau challenge professionnel. Le découpage du bilan de compétences en 3 phases – analyse, enquête et synthèse – épouse également le cheminement intellectuel du créateur d’entreprise pour faire arriver son projet à maturité. En vous renseignant et en enquêtant sur des professionnels qui exercent dans le secteur d’activité qui vous intéresse et ont, comme vous, créé leur entreprise, vous aurez un aperçu concret du quotidien de travailleur indépendant et des écueils qui vous attendent pour vivre de votre activité.
Faire un bilan de compétences, quand on est porteur de projet, permet avant tout de valider ou d’invalider votre motivation. Un bilan fournit aussi une analyse de ses atouts et de ses points faibles en donnant des clés pour y remédier (besoins en formation, en stages, etc.). Il est également courant qu’un bilan de compétences vous fasse entrer en contact avec des personnes, des administrations ou des associations qui vous aideront à mettre sur pied votre projet de création d’entreprise. En résumé, faire un bilan de compétences quand on est créateur d’entreprise permet d’accélérer la maturation de son projet et de mettre toutes les chances de son côté pour le faire aboutir.